Historique...
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Fondée en 1953, l’Escloupeto s’est assignée comme but de maintenir et promouvoir les traditions rouergates du milieu du XIXème siècle. L’époque de référence s’étend de 1820 à 1880, période témoin d’un long passé où les mœurs avaient peu changé. Par la suite, la révolution industrielle allait peu à peu effacer les particularités provinciales et changer la vie des campagnes rouergates, les mentalités, les traditions. L’Escloupeto veut évoquer, dans toute leur authenticité, des traditions du milieu du XIXème siècle. |
Création du groupe au Printemps 1953 (Cathédrale de Rodez) |
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Gravure Alexis Monteils 1802 |
De manière à "coller" au plus près de l'authentique, nous avons effectué des recherches en s'appuyant sur des témoignages, des documents d'archives ou d'écrivains de cette époque comme Claude Peyrot (fin XVIIIème siècle), Amans-Alexis Monteils (description du département de l'Aveyron, 1802) ou encore J. Fromen d'Huparlac (vers 1840), Julien de Villeneuve, Calmette de Sainte-Croix, Bonnefous d'Arvieu, Cayla de Curières... Les textes sont inspirés de Jean Monteillet et Jacques Bousquet, fondateurs de l'Escloupeto de Rodez et auteurs de la plupart des recherches qu'ils ont recueillies dans Danses et Costumes du Rouergue (Édition exclusive de l'Escloupeto). |
Des milliers de kilomètres parcourus, de nombreuses participations à des manifestations folkloriques, c'est le bilan de l'activité de ces membres (jeunes et vieux), musiciens, danseurs, chanteurs qui sont fiers de porter le costume rouergat.
Grâce à l'étude constante de notre passé et à la parfaite connaissance des choses authentiques, nous contribuons ainsi à faire connaître et à perpétrer les traditions de notre terroir. Le groupe se doit d'être le garant des traditions et tout ce que cela implique : respect des costumes, des danses...
Le public applaudit volontiers ce folklore et continuera à l'applaudir tant qu'il y a aura des forces pour le soutenir...
Folklore, où en sommes nous aujourd'hui ?
A l’heure du rap, du trash, et de bien d’autres musiques et danses contemporaines, le folklore a-t-il toujours sa place dans notre société ?
Pour l’ESCLOUPETO, cela ne fait aucun doute : assurément oui et certainement plus que jamais !
Tout d’abord parce que le folklore est un relais que se passent les générations.
Autrefois, cet héritage se transmettait naturellement dans la conversation courante et par la pratique quotidienne. De nos jours, le folklore est un objet d’études.
C’est l’expression spontanée de la relation entre une société et son milieu naturel. C’est ce lien qui rattache un homme à sa terre, à son terroir, à une époque donnée. Au moment où le patrimoine architectural et monumental est valorisé, les groupes folkloriques sont les conservateurs et passeurs de notre patrimoine culturel. L’art du groupe folklorique, c’est de faire ressentir cette relation naturelle avec authenticité et fidélité.
Que le folklore occupe toujours une telle place dans notre société avant-gardiste peut apparaitre comme un paradoxe d’où quelques sourires narquois. En fait, il incarne une valeur sereine et est un repère solide pour de nombreuses personnes perdues dans les dédales de ce que l’ont dit être la modernité. Il enracine des bases et n’est nullement un obstacle à l’évolution. Pour aller de l’avant et progresser, il faut d’abord savoir d’où l’on vient. En cela, le folklore est un atout.
En 2007, on peut s’intéresser au folklore de multiples façons. Le groupe folklorique offre un témoignage significatif. Mais encore faut-il que, d’une part, il sache qui et quoi il représente, et, d’autre part, qu’il intervienne avec authenticité. Fonder un groupe folklorique suppose des recherches d’archives, historiques sociologiques et iconographiques qui restituent une époque définie. Dès lors, transmettre le plus fidèlement, avec authenticité et sans adjonction de quelque nature que ce soit, les traditions et les mœurs de la vie quotidienne de nos ancêtres est l’engagement que l’ESCLOUPETO respecte depuis 54 ans. Sous prétexte de folklore, l’on ne peut tolérer que soient véhiculés des « ramassis » en tout genre, aux fins commerciales plus avisées que la transmission de notre patrimoine folklorique. Ainsi avant de monter sur scène, on ne se déguise pas mais on endosse le costume, comme on témoigne des coutumes.
Cependant, notre société high-tech rencontre des limites. Reproduire le costume de l’époque que nous représentons (1820 – 1860) est quasiment impossible de nos jours. Les tissus et étoffes utilisées alors sont pratiquement introuvables (tout au moins façonnés comme ils l’étaient). Notre devoir de mémoire n’en est que renforcé.
Notre rôle, groupe folklorique, est là. Si les danses traditionnelles connaissent un réel regain (et c’est tant mieux), nous nous devons de protéger et d’entretenir le contexte des danses que nous présentons.
Etre membre d’un groupe folklorique en 2009, que cela représente-t-il ? Bien sûr, le plaisir de la danse, mais c’est aussi la volonté de transmettre la mémoire de notre société rouergate telle qu’elle était vécue. La recherche de l’authenticité est notre priorité, certes parfois au détriment de l’esthétique ou de la « chorégraphie ». Notre démarche est plus profonde : rechercher, étudier, analyser et reproduire la danse telle que la vivaient nos ancêtres. A l’époque, la danse et le chant étaient les principaux moyens d’expression. D’autant plus, que le vocabulaire occitan est riche de multiples expressions imagées intraduisibles mais, pour qui comprend cette langue est un régal de l’ouïe. En même temps que ces textes anciens nous donnent des indications sur les mœurs de l’époque, les danses les suggèrent. Bien souvent, danses et chans anciens le disent selon certaines conventions ou rituels.
Telle est notre conception du groupe folklorique que nous nous devons de transmettre lors de nos spectacles, que ce soit avec les danses, les chants mais aussi avec le théâtre occitan d’Henri Mouly.
A l’heure où les modes ne durent pas plus les unes que les autres, le folklore est loin d’être « ringard ». S’il trouve son origine dans le passé, l’avenir du folklore est bien devant.
L’ESCLOUPETO a plus que jamais à cœur de relever ce défi passionnant.
A propos du Folklore...
Perpétuer le souvenir et les traditions de nos ancêtres, être fier de son passé, rappeler et cultiver leurs cultures et coutumes, leurs chants et danses, c'est la raison d'être et le but du folklore.
Quand on voit sur scène évoluer un groupe folklorique, on est tout d'abord séduit par l'originalité des costumes, le rythme simple et joyeux des danseurs. Plaisir des yeux et des oreilles. Pourtant, un spectacle folklorique est autre qu'un ballet d'opérette et bien plus qu'un divertissement. C'est une reconstitution de danses et de scènes villageoises avec toute la précision et la conscience historique qu'apportent les chercheurs du folklore. Se doute-t-on du labeur patient, obstiné ingrat, que nécessite la découverte de costumes authentiques ? Véritable travail de bénédictin que seul l'amour des traditions et un désintéressement total permet de mener à bien.
Ces qualités animent tous les membres de sociétés folkloriques, qui s'astreignent à des répétitions multiples, à des voyages fatigants avec la seule joie de perpétuer d'anciennes traditions, de faire connaître leur patrie.
Les groupes folkloriques ont permis de sauver de l'oubli des coutumes, des costumes, des danses et des chants. Cette résurrection du passé, c'est leur oeuvre !